La Côte-d'Or tire son nom de sa célèbre Côte viticole, bande de coteaux calcaires courant de Marsannay-la-Côte au nord à Santenay au sud, en passant par les appellations légendaires de Gevrey-Chambertin, Vosne-Romanée, Nuits-Saint-Georges, Aloxe-Corton et Beaune. C'est précisément ce terroir viticole exceptionnel qui se retrouve en première ligne face à la menace du frelon asiatique. L'espèce, qui prédate les abeilles mellifères avec une efficacité redoutable, représente une menace directe pour les apiculteurs locaux et, indirectement, pour la pollinisation des vignes. Dijon, capitale de la Bourgogne et préfecture du département, constitue le premier foyer urbain de signalement.
L'agglomération dijonnaise regroupe près de 250 000 habitants dans un périmètre intégrant Chenôve, Longvic, Quetigny, Fontaine-lès-Dijon, Talant et Daix. Les jardins résidentiels arborés, les parcs publics comme le parc de la Colombière ou le jardin botanique, et les nombreuses haies bocagères des communes périurbaines offrent un habitat idéal. Le canal de Bourgogne, qui traverse l'agglomération du nord au sud, crée un corridor humide propice à la dispersion du frelon asiatique depuis les zones rurales vers le cœur urbain. Les signalements sont particulièrement fréquents dans les communes du plateau dijonnais comme Sombernon, Ancey ou Verrey-sous-Salmaise.
La Côte de Nuits et la Côte de Beaune concentrent les signalements les plus préoccupants pour la filière viticole. Des villages comme Gevrey-Chambertin, Morey-Saint-Denis, Chambolle-Musigny, Vougeot et Nuits-Saint-Georges voient des nids apparaître chaque été dans les caves de négociants, les combles des maisons de vigneron et les haies de charmilles des domaines. L'association des apiculteurs de Côte-d'Or et la FDGDON 21 appellent à la vigilance, soulignant que la destruction précoce des nids fondateurs au printemps est cruciale pour limiter la pression en fin d'été.
Le plateau du Châtillonnais, vaste espace rural au nord-ouest du département, présente une problématique différente. Ses forêts denses, ses sources de la Seine à Source-Seine, ses prairies bocagères et ses anciennes fermes isolées constituent des zones où les nids sont découverts tard, souvent après avoir atteint une taille imposante. Les communes de Châtillon-sur-Seine, Montliot-et-Courcelles, Laignes et Recey-sur-Ource signalent des nids dans les hangars, les granges et les haies des exploitations d'élevage. Les fromagers et éleveurs de bœuf charolais du nord-Côte-d'Or témoignent d'une présence accrue depuis 2020.
Le Morvan bourguignon, bien que plus éloigné des foyers principaux, n'est pas épargné. Les forêts de feuillus de Saulieu, Précy-sous-Thil et Semur-en-Auxois, avec leurs clairières et leurs haies, accueillent des colonies qui descendent régulièrement vers les jardins des bourgs. La vallée de l'Ouche, entre Dijon et Pouilly-en-Auxois, constitue un axe de progression naturel. La sous-préfecture de Beaune, cœur du négoce viticole bourguignon, est au carrefour de la Côte et de la plaine de la Saône : ses zones pavillonnaires et ses vignobles périphériques sont sous surveillance constante de la part de la FDGDON 21.