La Seine-Maritime cumule des conditions particulièrement propices à l'installation du frelon asiatique. Le climat océanique normand, doux et humide, permet des colonies actives de mars à novembre. La Seine et ses affluents créent des corridors de végétation dense reliant le cœur de Rouen aux communes rurales du pays de Bray et du pays de Caux. Les nids se trouvent aussi bien dans les vergers de la vallée de la Seine que dans les jardins pavillonnaires de Sotteville-lès-Rouen ou de Bois-Guillaume.
La métropole Rouen Normandie concentre une part significative des signalements. Les quartiers résidentiels arborés comme Saint-Sever, le Mont-Saint-Aignan ou les communes de la rive gauche comme Grand-Quevilly et Petit-Quevilly offrent de nombreux sites de nidification sous toitures, dans les haies et dans les grands arbres. La densité urbaine couplée à la présence de jardins privés crée une pression constante sur les populations apicoles locales.
Sur le littoral, Le Havre et ses communes limitrophes comme Montivilliers, Harfleur et Gonfreville-l'Orcher sont régulièrement concernés. L'estuaire de la Seine représente un écosystème particulièrement attractif pour le frelon asiatique, qui y trouve des zones boisées, des zones humides et une pluviométrie favorable à la construction de nids papier. La FDGDON 76 coordonne depuis plusieurs années les signalements et les interventions sur l'ensemble du territoire.
Dans le pays de Caux, les communes rurales comme Yvetot, Lillebonne, Fécamp et Cany-Barville voient des nids apparaître dans les pommiers et poiriers des nombreux vergers normands. L'arboriculture cidricole traditionnelle de la région, avec ses vergers haute-tige, attire particulièrement le frelon asiatique qui prédateur efficace des abeilles pollinisatrices locales. Les apiculteurs du plateau cauchois signalent une pression accrue sur leurs ruchers depuis 2018.
Le pays de Bray, avec ses forêts denses, ses bocages humides et ses prairies, constitue un réservoir naturel pour le frelon asiatique. Neufchâtel-en-Bray, Forges-les-Eaux et les communes de la vallée de la Bresle sont régulièrement concernées. Les nids y sont souvent découverts tardivement, nichés dans les arbres centenaires des cours de ferme ou dans les granges des exploitations agricoles, atteignant parfois une taille considérable avant d'être signalés.