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Mis à jour le 1 juin 2026

Les syrphes : ces insectes qui se font passer pour des abeilles ou des guêpes

Les syrphes (Syrphidae) imitent visuellement les insectes piqueurs sans jamais piquer. Découvrez leur mimétisme, leur rôle de pollinisateurs et comment les identifier en 5 critères.

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La famille Syrphidae compte 6 000 espèces mondiales dont ~500 en France. Tous inoffensifs, certains ressemblent à s'y méprendre aux guêpes, abeilles et frelons — et jouent un rôle crucial dans la pollinisation.

À retenir

  • Les syrphes sont des Diptères (2 ailes) — ils ne piquent jamais, contrairement aux guêpes et abeilles
  • Le mimétisme batésien leur permet d'imiter guêpes et abeilles pour se protéger des prédateurs
  • 5 critères infaillibles : vol stationnaire, antennes courtes, grands yeux, 2 ailes, taille des antennes
  • 2e groupe de pollinisateurs de France : 25-30% de la pollinisation des plantes sauvages
  • Le frelon asiatique les prédates directement (12-18% de ses captures en zone de butinage)

La famille Syrphidae : 6 000 espèces mondiales, ~500 en France

Les syrphes appartiennent à l'ordre des Diptères — les vraies mouches, deux ailes seulement. La famille Syrphidae compte environ 6 000 espèces décrites à l'échelle mondiale, dont 500 espèces recensées en France métropolitaine.

Contrairement aux abeilles (Hyménoptères), les syrphes ne produisent ni miel, ni cire, ni venin. Les adultes se nourrissent de nectar et de pollen, tandis que leurs larves ont des régimes très variés : prédatrices de pucerons, détritivores dans les eaux stagnantes, ou parasites de bulbes végétaux.

  • Episyrphus balteatus (syrphe ceinturé) : l'espèce la plus abondante, reconnaissable à ses doubles bandes noires en U
  • Eristalis tenax : le plus grand syrphe commun, imitateur parfait de l'abeille domestique
  • Volucella zonaria : mimique du frelon européen, l'une des plus grandes espèces de France
  • Syrphus ribesii : très commun dans les jardins, bandes jaune vif sur abdomen noir

Le mimétisme batésien : comment un insecte inoffensif trompe ses prédateurs

Le mimétisme batésien — théorisé par le naturaliste Henry Walter Bates en 1862 — décrit la ressemblance d'une espèce inoffensive (le « mimique ») avec une espèce dangereuse (le « modèle »). Chez les syrphes, ce mécanisme a évolué dans de nombreuses lignées pour imiter guêpes, abeilles, bourdons et frelons.

Des études de comportement ont montré que les oiseaux insectivores évitent préférentiellement les insectes aux rayures jaune-noir. Une étude publiée dans Functional Ecology (2023) a quantifié ce bénéfice : des syrphes présentant une ressemblance élevée avec les guêpes subissent 40 % d'attaques de prédateurs en moins.

5 critères pour distinguer un syrphe d'une abeille ou d'une guêpe

Le critère le plus rapide sur le terrain : le vol stationnaire parfait. Un syrphe peut rester suspendu dans les airs, immobile pendant plusieurs secondes, avant de changer brusquement de direction. Aucune guêpe ni abeille ne peut maintenir un vol stationnaire aussi précis.

Second critère : les antennes. Les syrphes ont des antennes extrêmement courtes (3 articles seulement), pratiquement invisibles à l'œil nu, alors que guêpes et abeilles ont des antennes bien visibles, coudées et longues.

  • 2 ailes seulement (les Hyménoptères en ont 4)
  • Antennes quasi-invisibles (3 articles), très courtes
  • Grands yeux occupant la majorité de la tête
  • Vol stationnaire parfait et précis
  • Ne pique JAMAIS — aucun appareil urticant

Le rôle de pollinisateurs méconnu mais crucial des syrphes

Les syrphes sont le deuxième groupe de pollinisateurs en importance après les abeilles sauvages. En France, une étude du CNRS (2019) a estimé que les syrphes assurent environ 25 à 30 % de la pollinisation des plantes sauvages, selon les habitats et les saisons.

Leur importance est particulièrement marquée au début du printemps (quand les températures sont trop fraîches pour les abeilles), en altitude, et dans les zones sans ruches. Une étude dans Current Biology (2021) a estimé que 4 milliards de syrphes migrent chaque année au-dessus de l'Europe.

L'impact du frelon asiatique sur les syrphes

Le frelon asiatique (Vespa velutina) est un prédateur opportuniste qui chasse en vol stationnaire devant les fleurs et les ruches. Une étude publiée dans Ecology and Evolution (2022) a montré que V. velutina capture des syrphes dans environ 15 % de ses captures enregistrées en zones de butinage.

Les syrphes — qui ne piquent pas — ne peuvent opposer aucune défense comportementale au frelon. Leur ressemblance avec les abeilles pourrait même les exposer davantage aux frelons qui apprennent à chasser près des sources de butineurs.

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Questions fréquentes

Les syrphes piquent-ils ?

Non, jamais. Les syrphes sont des Diptères totalement dépourvus d'appareil urticant. Aucune espèce de la famille Syrphidae ne peut piquer. Leur ressemblance avec les guêpes est purement visuelle.

Comment distinguer un syrphe d'une guêpe en un coup d'œil ?

Trois critères rapides : (1) le vol stationnaire parfait — les guêpes ne peuvent pas faire ça, (2) les antennes quasi invisibles (très courtes), et (3) les yeux qui occupent presque toute la tête.

Les syrphes sont-ils utiles dans le jardin ?

Extrêmement. En plus de polliniser les fleurs, les larves de nombreuses espèces (comme Episyrphus balteatus) sont des prédatrices voraces de pucerons : une larve peut consommer jusqu'à 400 pucerons durant son développement.

Le frelon asiatique mange-t-il des syrphes ?

Oui. Des études vidéo ont montré que les syrphes représentent environ 12 à 18 % des proies capturées par Vespa velutina dans les zones de butinage, notamment en automne.

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